Histoires vécues 

Je me souviendrai longtemps de ce jour d'octobre 2000. Avec un ami, chaque année à cette époque, nous observions le brâme des cerfs en Forêt de Chaux.

Les grands cerfs, d'une année sur l'autre, utilisent toujours la même clairière et il faut se placer en bout, être à bon vent et ne pas bouger.

Nous étions bien installés, la nuit était tombée, la lune commençait à se lever, inondait la place d'une clarté irréelle, apportant à chaque arbre, chaque buisson, une autre dimension.

Tout à coup, devant nous, sortit d'on ne sait où, un gnome.

Il mesurait une vingtaine de centimètres. Nous distinguions très bien son chapeau pointu.

Il nous observa à son tour quelques instants puis disparut sans un mot.

Nous avions déjà, bien entendu, parler des Fouletots, mais en voir un ... c'était incroyable !

D'ailleurs, si je n'avais pas eu mon ami avec moi, j'aurais pensé avoir rêvé.

Quoi qu'il en soit, il nous parut à tous les deux de ne parler à personne de cette "apparition".

Trois jours plus tard, nous étions de nouveau au même endroit. La lune apportait autant de clarté que la dernière fois, mais une brume légère flottait au niveau du sol.

Le temps passait.

Deux grands cerfs étaient en train de se jauger.

Tout à coup surgit un Fouletot. Il se tenait devant nous sur une souche, les brais croisés. Il était accompagné d'un troglodyte. Ile se mit à nous parler. Il nous expliqua que, pendait le brâme, il avait beaucup de travail. Les combats de cerfs, bien que rares, pouvaient être violents. Le petit oiseau venait de le prévenir de l'imminece d'un combat entre deux cerfs de force égale. Seu le Fouletot, craint et respecté par tous les animaux, pouvait arbitrer. 

Notre discussion fut interrompue par le fracas des deux imposantes ramures s'entrechoquant.

Le Fouletot s'était évanoui dans les fougères.

A distance, nous assistions au combat : un nouveau mâle venait disputer au vieux cerf sa place de brâme. Les corps fumaient, s'arc-boutanent sur leurs jarrets, tour à tour recoulant ou avançant. L'issue paraissait incertaine.

Après de longues minutes, l'un des deux cerfs fit volte-face et pris la fuite. Le second fit mine de le poursuivre, puis s'arrêta, rageur. Il frottait ses bois contre le sol et faisait voler la terre. Enfin, il se redressa et la forêt résonna du cri de victoire du vieux cerf.

Pascal SOYARD

 

A suivre .....

Retourner sur la page principale du site